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La SNCM, toujours plus pour le respect de l’environnement

Le contexte :

La Mer Méditerranée est l'espace maritime le plus fragile de tout le globe et aussi le plus menacé. En effet, malgré sa faible taille (on parle de Mer et non d'Océan), c'est plus de 35 % du tonnage mondial d'hydrocarbures qui transitent par son intermédiaire. Cela est dû en grande partie à l'existence du Canal de Suez qui permet aux pétroliers et autres navires marchands d'éviter de faire le tour de l'Afrique pour acheminer les cargaisons. Le risque est grand de voir (et on l'a déjà vu !) l'échouage d'un de ces bateaux qui perdrait sa cargaison liquide et nuirait voire détruirait complètement et pour plusieurs décennies, les écosystèmes natifs très originaux et à forte biodiversité du plateau continental. Les dommages seraient majorés par l'absence quasi totale de marées. Des zones dites « spéciales » au sens de la convention internationale 73/78, pourraient être touchées.

C'est dans ce contexte et suite maintenant à la demande de l'Union Européenne de créer des zones Natura 2000 dans les Mers et les Océans que la SNCM (Société Nationale Corse Méditerranée) s'est engagée depuis 1999 dans une démarche réellement pilote et novatrice en allant plus loin encore que les exigences de la réglementation.

Plus concrètement, la SNCM a mis en place une démarche plus dynamique et plus globale en élargissant ses actions pour la maîtrise de toutes les sources potentielles ou avérées de pollution, cela mis en forme dans le cadre d'une politique nommée SGSE (Système de Gestion, Sécurité et Environnement).

Lutte contre les pollutions liquides et gazeuses

La loi demande que les eaux de ballast rejetées en mer ne contiennent pas plus de 15 ppm (parties par million) de molécules d'hydrocarbures. La SNCM, grâce à l'appui technique de la société des Eaux de Marseille, rejette, après passage dans un séparateur par filtration, des eaux ne contenant plus que 5 ppm d'hydrocarbures.
De même, en ce qui concerne les rejets d'oxyde de soufre et d'azote dont on sait qu'ils ont un impact sur la réduction de la couche d'ozone, la SNCM respecte tout à fait les articles ad' hoc de la convention Marpol.

Economie de carburants et peinture antisalissure
Encore une fois la SNCM a su faire preuve d'innovation. Bien avant l'année 2003 , la peinture antisalissures utilisée pour ses navires, ne contenait plus de biocides comme l'étain (le tributyl-étain exactement) qui avait montré sa forte toxicité sur nombre d'organismes marins (cf imposex de Nucella lapida : changement du sexe d'un mollusque à cause de l'étain).
La nouvelle peinture qui fût utilisée, 100 % écologique, se comporte plutôt comme une substance glissante qui empêche algues et animaux de se fixer et de ralentir la vitesse des bateaux par augmentation du frottement. Cet effet glissant est obtenu par dilution progressive (comme un fartage) du manteau antifouling et permet de diminuer la consommation de carburant.

Système de gestion des déchets

Toujours pour protéger l'environnement, la SNCM a mis en place des filières de tri des divers déchets ; en particulier :

• Les huiles alimentaires
• Les ordures ménagères et DIB (Déchets industriels banals)
• Le verre
• Le bois, les résidus d'hydrocarbures
• Et la suppression de l'amiante ou bien le floconnage
A ce titre, les déchets dits « dangereux » font l'objet d'un suivi et d'une traçabilité exemplaire : le PGD (plan de gestion des déchets) recense 16 catégories de déchets et leurs filières respectives pour les navires et les sites terrestres.


Contribution scientifique

L'activité de la SNCM est d'un grand intérêt pour les scientifiques car les bateaux traversent la Méditerranée du nord au sud et du sud au nord dans toute sa largeur, constituant une opportunité unique et prisée d'observation. Cette contribution s'étend actuellement sur trois axes de recherche :

- l'observation et le comptage des animaux de Méditerranée : cétacés, tortues et poissons lune. Le nord de la Méditerranée (cf sanctuaire marin et le projet Pelagos) est une zone de nourrissage et de reproduction en été, grâce en particulier à de fortes teneurs en krill dont les cétacés se nourrissent. On note la présence du rorqual, le deuxième cétacé en taille du monde, de nombreux dauphins bleus et blancs (Stenella coeruleoalba) et de dauphins communs. Un étudiant thésard a ainsi réalisé une longue campagne de comptage et d'observation des cétacés à bord d'un car-ferry assurant régulièrement la liaison entre Marseille et Alger.

Un Rorqual près des côtes de Cavalaire (Méditerranée)

 

Des dauphins communs nageant à grande vitesse

- L'opération REPCET : depuis l'année 2003, la SNCM a permis à l'Université de la Méditerranée de suivre grâce aux trajets des bateaux et grâce à un appareil autonome, des paramètres physiques, chimiques et biologiques tels que la température, la salinité et la concentration en algues de la surface. L'avantage réside dans la vitesse de traversée et la régularité des passages. Ainsi des données pourront être extraites qui serviront entre autres à améliorer la modélisation des changements climatiques.

- Une aide à la décision des capitaines pour trouver le meilleur chemin en fonction des conditions climatiques : En effet, un logiciel dédié, WINGS, dans le cadre du programme Tophic ( tools for optimize high speed craft) permet aux navires d'améliorer leur rendement en évitant les zones où la mer est trop formée et de réduire ainsi la consommation de fuel et d'émanations toxiques.

La SNCM agit également dans le domaine de la sensibilisation du public aux richesses mais aussi aux risques encourus par la Méditerranée. Elle co-organise à l'opération « Mer en Fête », initiée par Jean-Valère Geromini. Cet événement accueille chaque printemps plusieurs milliers d'élèves à bord d'un car ferry où ils peuvent rencontrer des associations de protection de l'environnement et des professionnels de la mer. Elle participe aussi régulièrement à des colloques sur la Méditerranée et sa gestion durable.

Pour la compagnie maritime, l'avenir, c'est l'amélioration continue. Elle passe par une veille règlementaire constante, la définition d'objectifs d'amélioration, des audits pour dresser des bilans réguliers avec des indications de développement durable et de performance (comme le ratio quantité de carburant/ trajet effectué) ou des actions concrètes comme la création d'un centre de tri où travaillent des personnes en réinsertion.
Il s'agit donc d'un travail permanent réalisé par la SNCM, non seulement pour le respect de l'environnement, mais aussi pour la sécurité, car la sécurité des biens et personnes intègre évidemment ce cycle vertueux. A suivre....

Rédacteur : Olivier Neuckens
oneuckens(@)meretlittoral.com
Contact SNCM : sdenis@sncm.fr

impression jusqu'au 13/02/10

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