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Une plongée dans le monde de la conchyliculture pleine d'enseignements

Organisée dans le but de constater de visu les impacts de la conchyliculture sur le milieu lagunaire, la plongée du 1er juillet, en compagnie de Sébastien Colbert, conchyliculteur au Mourre-Blanc et vice président de l'OP de Thau, a été l'occasion de réunir sur le terrain scientifiques, naturalistes, professionnels et collectivités territoriales.

Après plus d'une heure passée sous l'eau à observer les tables et leurs abords, le pôle relais lagunes méditerranéennes a ensuite animé une discussion entre les différents partenaires. Pour Jean-Marc Deslous-Paoli, « les conchyliculteurs, de part leur présence, sont les premiers garants de la qualité de Thau car les coquillages et leur lieu de production sont particulièrement surveillés et étudiés par Ifremer, au travers de réseaux de suivi institutionnels et régionaux, afin de garantir une qualité sanitaire irréprochable aux consommateurs ».

Au sujet de la diversité des espèces rencontrées sur Thau, Jean-Marc Deslous-Paoli indique que « les transfert d'huîtres entre bassins ont contribué à l'augmentation de la diversité spécifiques des organismes végétaux et animaux ». Frédéric Maxant rajoute également que « les tables conchylicoles sont des supports très rapidement colonisés par les organismes vivants, bien plus vite qu'en mer, et forment ainsi de véritables récifs artificiels où se concentre notamment une multitudes d'invertébrés aquatiques ». 
Outre l'augmentation de la biodiversité de l'étang, l'activité conchylicole a également entraîné des transformations au niveau de la masse d'eau. En effet, la valorisation par les coquillages des apports nutritifs du bassin versant et du phytoplancton, suivi de l'exportation de cette matière lors de la commercialisation - « les huîtres et les moules grossissent grâce aux éléments nutritifs, azote-phosphore, apportés à la lagune et permettent ainsi d'en limiter la quantité pour le plus grand bien de l'étang », selon Jean-Marc Deslou-Paoli - permet d'améliorer la qualité de l'eau et de trouver un équilibre aussi remarquable que fragile, caractéristique de Thau. Cette nette amélioration, notamment au niveau de la transparence de l'eau, permet un développement accru de l'herbier de zostères qui est maintenant parmi les plus grands d'Europe. Lieu de refuge, d'abri, de reproduction ou de nourriture, cet herbier joue un rôle majeur dans la qualité biologique de Thau et est étroitement lié à la remarquable population d'hippocampe, véritable emblème de la lagune. Cette approche globale positive de la conchyliculture, scientifiquement démontrée par bon nombre d'études, ne doit cependant pas masquer certains impacts négatifs (enrichissement excessif du milieu en bordure des mas...) que peuvent engendrer des pratiques individuelles parfois encore peu en adéquation avec les problématiques environnementales actuelles. Loin certes des répercussions drastiques que peuvent avoir les stations d'épuration de certaines communes ou l'agriculture intensive, ces problèmes rencontrés au niveau des mas pourront être rapidement résolus par la généralisation des pratiques respectueuses de l'environnement, déjà en vigueur chez de nombreux conchyliculteurs du bassin et en cours de valorisation. 

Corde sur laquelle poussent des macro-algues

 

On sait que depuis les années 70, les scientifiques et les collectivités mobilisent d'importants efforts financiers pour suivre la qualité de l'eau et restaurer ces milieux naturels exceptionnels, que sont les lagunes, notamment par le biais des contrats d'étang. Le « Contrat qualité Thau », signé en 2005 avec l'objectif d'atteindre une qualité écologique et biologique optimale du milieu, en est l'exemple parfait. Cependant, au delà de ces actions, les conchyliculteurs dans leur grande majorité peuvent également d'ores et déjà montrer au grand public que la prise en compte de l'environnement n'est pas un vain mot pour eux mais un préalable indispensable pour des lagunes préservées et des produits sains et de qualité.

Contact : Marc BARRAL
Chef de projet du pôle relais lagunes
Station biologique de la Tour du Valat
Tél : 04 90 97 29 56
Visitez le site du pôle : www.pole-lagunes.org

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