La Caulerpa racemosa
Du même genre que Caulerpa taxifolia, Caulerpa racemosa est une algue verte caractérisée par des frondes assez courtes (<15 cm) et formant un lacis très dense d'axes rampants (stolons) couvrant le substrat notamment sur des fonds de sable ou de matte morte au-delà de la limite inférieure de l'herbier de Posidonie. Des études génétiques très récentes démontrent que Caulerpa racemosa, est originaire du sud de l'Australie.
L'expansion extrêmement rapide en Méditerranée de
Caulerpa racemosa s'explique à la fois par la diversité et l'efficacité
de ses modes de reproduction. En effet, cette algue se reproduit selon
deux voies :
Voie végétative : par bouturage (des fragments de
l'algue peuvent former une nouvelle colonie) ou par propagules, les
ramules (petites « boules») portés par les axes verticaux (frondes)
peuvent se détacher et ensuite former un thalle complet.

Caulerpa racemosa © .J.M. Cottalorda
Voie sexuée : par émission de gamètes mâles et femelles formant
après fécondation de très nombreux zygotes (oeufs) pouvant être
transportés par les courants.
La très forte capacité d'expansion de
Caulerpa racemosa associée à sa discrétion (détection visuelle beaucoup
moins aisée que pour Caulerpa taxifolia) rendent utopique le contrôle
et l'éradication totale de l'algue. Comme pour Caulerpa taxifolia, le
contrôle de l'algue est envisageable uniquement si la surface de la
colonie est faible (moins de quelques m²) et isolée (éloignée de
plusieurs dizaines de km) d'autres zones colonisées.
Des conséquences écologiques et économiques
Du point de vue écologique, des études ont démontré pour les deux espèces les effets suivants :
- Diminution du peuplement algal autochtone et des animaux fixés,
- Réduction des ressources alimentaires,
- Compétition pour la lumière et l'espace avec la posidonie,
- Transformation des paysages colorés et variés en étendues monochromes et monotones.
Du point de vue économique, la présence de Caulerpa taxifolia entraîne des incidences sur la pêche artisanale côtière et la plongée sous-marine :
- Obligation d'effectuer un trajet plus important,
- Investissement dans du nouveau matériel,
- Abandon de sites de pratique devenu monotones ou pauvres en ressource halieutique.
Depuis 1992, les surfaces concernées par cette algue sont trop
importantes pour que leur destruction totale puisse être envisagée.
Aucune «solution miracle» n'existe. Il est impossible de tout éradiquer
par des moyens physiques ou chimiques (arrachage manuel, aspiration,
sel, procédés à base de cuivre...).
Certaines de ces techniques
permettent cependant d'éliminer ou de contrôler de petites colonies
isolées et éloignées des grandes zones envahies ou de sauvegarder des
«zones d'intérêt patrimonial» dans lesquelles on ne souhaite pas que
l'algue s'installe.
