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Posidonies et Cymodocées

Rédacteur : Olivier NEUCKENSoneuckens(@)meretlittoral.com

1998

Ce sont toutes les deux des plantes terrestres retournées au milieu marin il y a à peu près 120 millions d'années. Leur adaptation au milieu marin a suivi une évolution convergente c'est à dire que ces deux plantes qui forment des herbiers en Méditerranée se ressemblent morphologiquement (feuilles longues à largeur égale disposées en faisceaux et portées par un rhizome souterrain). Ici s'arrête la comparaison car chaque espèce a des exigences écologiques différentes.

Les Posidonies ne sont présentes qu'en Méditerranée mais de manière inégale. Dans le Languedoc, elles sont peu présentes car la sédimentation est trop active (effluents du Rhône) et ensevelit les plantes.

Ces plantes poussent vers le haut de quelques mm par an et accumulent entre leurs rhizomes, une quantité de particules détritiques qui en se tassant formeront une matte. C'est une formation récifale qui peut atteindre jusqu'à 8m d'épaisseur et qui finit par former, si les conditions sont favorables, un récif frangeant, puis un récif barrière accompagné d'un lagon. Les perturbations anthropiques ont largement réduit le nombre de ces lagons encore existants. Un des derniers lagons de la région, celui de Port Cros, semblait menacé mais après la mise en place de bouées de protection, le récif semble maintenant stable depuis quelques années.

Les Posidonies forment de grands herbiers s'étendant entre -8 et -40 m environ de profondeur et définissant la zone infra-littorale. Ces herbiers sont d'une importance considérable pour la Méditerranée : ils produisent de l'oxygène, servent de nurseries pour les alevins qui peuvent de reproduire, alimentent par leur production primaire tout un ensemble de chaînes trophiques et protègent les plages en amortissant la houle.

Ces herbiers, de plus en plus surveillés par les scientifiques, sont maintenant classés espèces protégées mais néanmoins menacées. Parmi les menaces, citons

- les aménagements côtiers (ports, marinas) qui empiètent sur l'herbier et modifient les conditions de sédimentation provoquant ensablement et déchaussement

- les mouillages forains répétés non organisés qui abîment l'herbier à cause des ancres

- la pollution responsable de la régression des herbiers dans les zones industrielles

- les phénomènes d'eutrophisation modifiant la turbidité de l'eau et la charge épiphytaire sur les feuilles de posidonies, les feuilles meurent par manque de lumière

- le chalutage profond pourtant interdit mais qui se pratique encore et qui peut être évité par l'immersion de récifs antichalutage.

La sensibilité de cette espèce à un nombre important de perturbations anthropiques fait d'elle une espèce bio-indicatrice de l'état de santé global du milieu.

 

Les Cymodocées sont représentées principalement en Méditerranée par l'espèce Cymodocea nodosa. C'est une espèce plutôt thermophile qui est absente des Bouches du Rhône aux Pyrénées où l'eau est plus froide.

La croissance des rhizomes est plus rapide que pour les Posidonies. Elle atteint 2cm/an mais les rhizomes se décomposent aussi plus vite ce qui rend l'existence de matte plus rare.

Cette espèce supporte mieux la dessalure que la Posidonie ce qui lui permet de se développer dans les lagunes littorales ou près des embouchures de fleuves ou de ruisseaux. Très appréciée par les deux principaux macro-herbivores de Méditerranée que sont la saupe et l'oursin violet, elle se cantonne souvent à des biotopes refuges (sables vaseux en mode calme par exemple) peu accessibles. Son installation dans certaines zones prépare le terrain à l'arrivée de la Posidonie qui lui succède.

 

 

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