L'herbier de Posidonie
Introduction: Les différents étages du benthos marin
La Posidonie (Posidonia oceanica) et les prairies sous-marines qu'elle engendre sont devenues au cours des dernières décennies, vue son rôle primordial économique (tourisme, pêche, plongée, maintien des plages etc...) écologique (production d'oxygène par exemple) et social (activités de divertissement possibles pour tous : plaisance , nage etc...), un objectif majeur de préservation du milieu marin en particulier en Méditerranée.
Grâce aux aspects qu'elle implique (environnemental, économique, social , culturel), la gestion des herbiers à Posidonie, espèce clé de voûte, constitue un cas hautement représentatif d'un développement durable. Ce dernier a été formulé comme suit à la Conférence Internationale de Rio en 1992 : « les activités humaines qui permettent à la génération humaine actuelle et aux autres espèces qui vivent sur la Terre de satisfaire leurs besoins, sans mettre en péril la capacité des générations futures, qu'il s'agisse des hommes ou des autres espèces qui peuplent la Terre, à vivre »
Les herbiers à Posidonia oceanica
La Plante
La Posidonie est constituée de rhizomes (tiges) orientées à l'horizontales (rhizome plagiotrope) ou à la verticale (rhizome orthotrope). Des racines descendent et s'ancrent dans le sédiment (Ph. p 11). Les feuilles longues et rectangulaires apparaissent et poussent toute l'année. Bien que la croissance soit plus lente en hiver.
A leur mort (p12), les feuilles ne se détachent pas complètement : seul le limbe est caduc ; la gaine de base qu'on appelle écaille reste sur le rhizome, sur une longue période pouvant aller jusqu'à plusieurs siècles.
La floraison de la Posidonie n'a pas lieu chaque année. Quand elle a lieu, elle s'effectue à l'automne. Les fleurs sont hermaphrodites ( elles sont mâles et femelles en même temps). Les fruits qui ressemblent à des olives mettent 6 à 8 mois pour mûrir, puis se détachent, flottent et finissent par couler pour créer une nouvelle colonie. La reproduction de la Posidonie se fait principalement par voie végétative par des fragments détachés de la colonie mère (boutures) qui se détachent, flottent et finissent par couler pour redonner une nouvelle colonie. Il existerait un troisième mode de reproduction : la pseudo viviparité c'est à dire des propagules végétatives qui se détachent de la plante mère pour aller se bouturer plus loin.
Ecologie
La lumière constitue l'un des facteurs les plus importants dans la
distribution et densité de la Posidonie.Il est rare de trouver un
herbier au dela de 35 m m^me si on a pu le retrouver à une profondeur
de 48m dans des eaux particulièrement limpides.
La Posidonie craint
la dessalure au contraire des Cymodocées et Zostères. La concentration
en sel optimale est de 35 g/l. Par contre elle se montre plus adaptée à
des salures plus élevées allant jusqu'à 46g/l.
Pour ce qui est de la température, elle peut varier entre 9 et 29 °C sans dommage pour la plante (ces températures ont été mesurées sur le récif barrière de Port Cros)
L'hydrodynamisme est un facteur de déstabilisation de l'herbier et de ses mattes . Les courants peuvent en effet arracher des bouts de matte, arracher les feuilles et détruire par endroit les mattes non stabilisées
Constitution et structures des herbiers
Les rhizomes orthotropes (ceux qui poussent verticalement) piègent par sédimentation des sédiments autochtones (tests d'oursins, coquille de gastéropodes etc...) et allochtones (provenant de l'extérieur de l'herbier) par diminution de l'hydrodynamisme du aux feuilles. Le sédiment finit par se compacter à mesure que les rhizomes poussent vers le haut, constituant ainsi une formation récifale : la matte !
La croissance vers le haut est assez variable de 18 cm à 1m / siècle. Cette croissance s'arrête à un ou 2 m avant la surface dans des zones où subsiste un hydrodynamisme. Là où l'hydodynamisme est faible ou absent, l'herbier peut affleurer en surface. Dans ce dernier cas et près de la côte, l'herbier constitue un récif barrière comme c'est le cas dans l'anse de Port Cros (corrélativement avec la création d'un lagon (p16 PH ,)
Les types d'herbiers
L'herbier à Posidonie peut adopter plusieurs modes morpho-structuraux :
- - le plus courant est l'herbier de plaine, prairie de Posidonie interrompue par des structures érosives (intermatte déferlante, érosive etc.. PHp17)
- - il peut aussi se présenter sous forme d'herbier de colline moins fréquent entre 15 et 30 m de profondeur, dans des zones où l'hydrodynamisme est important (PH p18) . La butte créée par la matte formée est érodée davantage en son centre protubérant. L'herbier forme alors des auréoles caractéristiques
- - l'herbier tigré (fig 19) est constitué de bandes de Posidonies séparées par des bandes de matte morte occupées par les Cymodocées
- - Comme autres formations citons : les micro-atolls ; l'herbier en pain de sucre ; l'herbier en escalier ; l'herbier ondoyant

