La fonction de l'herbier et de son ecosystème associe
L'herbier de Posidonies est caractérisé par deux types de production primaire : celle des feuilles (aussi importante que celle des forêts les plus productives du monde ; l'autre production est celle des épiphytes colonisant les frondes et facilement assimilables par les herbivores de toutes origines. La biomasse des feuilles atteint jusqu'à 900 g Mat Séche/m2 ; celle des epiphytes colonisant les frondes atteind 470 g Mat Séche/m2.
La production primaire est faiblement utilisée par les herbivores (10 %, par les oursins et les saupes en particulier). Par contre elle est largement exportée vers les fonds plus importants et vers les plages lors des tempêtes constituant des amas de feuilles mortes qu'on appelle « banquettes »
Le rôle des herbiers à Posidonie
Il est souvent comparé , et à juste titre, à celui des forêts ombrophiles et tropicales à forte productivité. C'est un écosystème à part entière qui constitue la base de la richesse des eaux littorales de Méditerranée. Ils ont un rôle clé au niveau biologique, chimique et pghysique. Nous détaillerons ces trois aspects ci-après :
Rôle dans les équilibres écologiques du système littoral:
Les
Posidonies font partie de la famille des Magnolophytes. Ils produisent
d'énormes quantités de matière organique et d'oxygène (14 l /m2) et
sont comparables à d'autres écosystèmes de notre planète ayant les plus
grandes capacités de production primaire : zones d'upwelling , forêts
tempérées et tropicales, mangroves, estuaires et récifs coralliens.
Les Magnolophytes marines toutes espèces confondues occupent 0,15 % de la surface de la surface des mers et océans mais produisent 1% de la production primaire nette.
Les herbiers à Posidonies sont à la fois à la base de nombreuses chaînes trophiques dépendantes de la destinée des feuilles mortes et détachées des rhizomes. Ces feuilles , pour une part, restent dans l'herbier et vont être décomposées par des organismes détritivores ; elles restent pour un temps prisonnières des feuilles vivantes. Pour une autre part, elles s'échouent sur les plages formant des banquettes favorables au maintien du sable notamment lors des grosses tempêtes aux équinoxes.
En outre, un nombre considérable d'espèces benthiques vivent entre les faisceaux de feuilles. Une biodiversité importante existe à l'intérieur de cet écosystème. Les poissons , crustacés, échinodermes se servent des abris créés comme lieu de frayère et nurseries pour les juvéniles. Les feuilles vivantes de Posidonie permettent la présence et la vie sur leurs feuilles de grandes quantités d'épiphytes et de bactéries qui accroissent encore la production primaire et servent de nourriture pour beaucoup d'animaux.
Dans la chaîne trophique qui s'établit à partir
des détritivores, citons quelques espèces : l'holothurie, les ophiures.
La plus grosse partie de la dégradation est dûe à des bactéries et
champignons.
Les planctonophages tels que la castagnole ou la
mendole (ph) exploitant le jour la colone d'eau, dorment dna sles
feuilles de Posidonie où ils risquent d'être prédatés par les
rascasses, les pieuvres, les serrans et le congre. De nombreux
prédateurs se nourrissent des invertébrés de petite taillecomme
l'hippocampe, la girelle, le sar etc...
Une autre entrée d'énergie dans l'écosystème est dû aux filtreurs et suspensivores épiphytes des feuilles comme les hydraires, les briozoaires, ou fixés sur les rhizomes comme la grande Nacre, le spirographe et certaines ascidies.
Rôle dans les équilibres physiques du système littoral
Les herbiers ont un rôle de piégeage des éléments qui sédimentent entre les feuilles selon le système de décantation lamellaire, système utilisé dans les stations d'épuration. Au fur et à mesure de la sédimentation, l'herbier pousse vers le haut à raison d'un mètre par siècle dans le meilleur des cas. Cette croissance evite l'enlisement et permet la création d'une « matte » constituée des rhizomes orthotropes et des particules de sédiments agglomérées et compactées. Ce piégeage des sédiments contribue à rendre l'eau plus limpide. De même, les feuilles vivantes ou non opposent une résistance aux courants et aux vagues réduisant ainsi et de manière significative l'hydrodynamisme (10 à 75 % dans l'herbier et 20 % au dessus)
Rôle économique
A travers la plongée dans uns eau très souvent claire grâce aux Posidonies.
A
travers la pêche, car l'herbier permet en sécurité, la ponte et la
croissance de nombreuses espèces notamment les poissons. L'écosystème à
Posidonies est celui qui possède la valeur économique la plus élevée au
monde (trois fois plus que les récifs coralliens) soit 19 000 $ par
hectare
Rôle de bioindicateur
La Posidonie possède certains critères qui font d'elle une espèce indicatrice à large spectre de la qualité du milieu marin. Ces critères sont :
- une large répartition
- la permanence de leur population au cours des saisons
- la facilité de leur prélèvement
- et enfin leur capacité à concentrer ou être affectée par de nombreux xénobiotiques et facteurs anthropiques (exemple : aquaculture, ancre des bateaux de plaisance, pêche au chalut qui arrache les rhizomes etc..
L'herbier peut ainsi intégrer de par ses critères précédemment cités, de nombreux paramètres comme
- la turbidité moyenne des eaux (matérialisée par la limite inférieure de l'herbier et par la densité des faisceaux. Le type de limite peut nous renseigner sur l'évolution temporelle de la clarté des eaux cf photos
- les courants et l'hydrodynamisme (cf structures érosives)
- le taux de sédimentation à mettre en relation avec la vitesse de croissance des rhizomes orthotropes
- les polluants stables (non susceptibles d'être dégradés ou biodégradés) ; on utilise la concentration et la mémorisation des teneurs au cours du temps des polluants
- la dessalure au débouché de fleuves ou rivières côtières ou nappe phréatique (l'herbier peut disparaître localement)
A l'heure actuelle, on maîtrise bien et on suit (cf RSP) la limite supérieure et inférieure de l'herbier et leur évolution, ainsi que l'évolution dans le temps de carrés permanents (qui permettent de définir le taux de recouvrement de l'herbier à un endroit précis.

