Autres effets de la dérive écologique
Les invertébrés aquatiques
Une étude sur les insectes trichoptères et éphémères a montré une réduction d'environ 40 % du nombre d'espèces de ces deux groupes d'invertébrés. A l'opposé, d'autres groupes ont vu leurs effectifs s'accroitre comme certains mollusques gastéropodes.
L'avifaune aquatique
Avec la régulation du fleuve par la Compagnie Nationale du Rhône (CNR) et la diminution de la vitesse du courant, une dérive des peuplements s'est produite de même manière que celle constatée pour les poissons, en direction d'une zone typologique située plus en aval, dite "zone à foulque". L'avifaune aquatique du Rhône Moyen est maintenant caractérisée par sont instabilité et l'absence d'espèces fluviales typiques.
Actuellement la diversité et l'abondance ornithologique sont liés à l'existence de milieux relictuels tels que quelques bras morts et forêts alluviales ou, au contraire, à l'existence de milieux totalement créés par l'homme tels que les retenues et les canaux mais aussi les digues et les plateformes de graviers, paysages nouveaux de l'ancien lit majeur apparus à la suite de l'aménagement CNR. Ces sites permettent la présence d'espèces caractéristiques tels que les canards et les foulques d'une part, le petit gravelot, la bergeronnette grise, le pipit rousseline, etc., d'autre part.
Les mammifères aquatiques
Bien qu'ayant considérablement gagné du terrain depuis sa protection au début 20ième siècle et s'étant apparemment bien adapté à l'aménagement CNR, en particulier grâce aux centaines de kilomètres de contre-canaux, milieux très favorables par leur végétation de saules et de peupliers et par l'absence de crue, le statut du castor, espèce emblématique de l'écosystème rhodanien, est instable. En effet, de nombreux milieux qui paraissent pour lui et pour l'instant favorables risquent à terme de devenir défavorables (tarrissement des contre-canaux, sédimentation des lônes, développement du frêne). Par contre, l'espèce étand sa répartition sur de nombreux affluents.
En raison de la pollution du Rhône, la loutre, autre espèce emblématique, a complètement disparu et ne pourrait revenir que si la qualité de l'eau s'améliore notablement !
Un environnement naturel encore localement conservé.
Parties court-circuitées de Péage-de-Roussillon
Les espèces exotiques invasives
De nouvelles espèces allochtones sont apparues à la faveur de l'aménagement contemporain du fleuve contrairement à certaines espèces de poissons qui ont été volontairement introduites par l'homme. Parallèlement à la modification d'habitat engendrée par les aménagements CNR qui ont créé des conditions favorables en diminuant la vitesse du courant et en permettant un accroissement de la température, la navigation a favorisé ces processus de migration et d'invasion
L'arrivée et/ou la redistribution de ces différents organismes se fait principalement en fonction de l'hydroclimatologie qui constitue le principal facteur de contrôle des peuplements d'invertébrés. Dans ce contexte, la Saône, affluent numéro un du Rhône, connectée par les canaux du réseau Freycinet aux cours d'eau d'Europe du Nord, en particulier avec le Rhin, est la principale voie de dissémination, spécialement lors des épisodes de hautes eaux.
Ainsi, plus d'une vingtaine d'espèces d'invertébrés exotiques sont actuellement recensées, appartenant à différents groupes faunistiques et d'origines diverses. Parmi ceux-ci on peut citer divers crustacés tels que plusieurs espèces de gammares ("crevettes" ) et d'écrevisses ou des mollusques avec en particulier le clam asiatique Corbicula.
