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La problématique (2)

La qualité de l'eau est importante pour au moins trois types d'usage :

L'eau de boisson doit pouvoir-être obtenue par un traitement simple à partir de l'eau du lac. Les 11 stations de pompage de l'eau du Léman approvisionnent les habitants riverains.
La pêche compte non moins de 150 pêcheurs suisses et français. Les principales espèces capturées sont la féra et la perche.
La baignade et les loisirs aquatiques : les baigneurs ont à leur disposition plus de 100 plages dont la qualité de l'eau est bonne à excellente pour la grande majorité d'entre elles.

La qualité des eaux permet à toute une chaïne trophique de s'établir, ici les cygnes

 

La quantité de l'eau intéresse, elle, l'écomorphologie, et l'urbanisation .

D'autres éléments entrent en compte pour la gestion du lac et de ses affluents. Il s'agit en particulier du risque de crue qui risque d'endommager bon nombre d'habitations depuis que les bassins versants sont de plus en plus urbanisés.

Voyons de plus près quels sont les grands types de pollution arrivant au Lac Léman et sur ses affluents et ayant une influence sur les types d'usage :

Les phosphates et l'eutrophisation

Les phosphates (PO4) comme les nitrates sont des molécules nécessaires à la croissance des plantes et des algues. C'est la forme oxygénée du Phosphore qui est assimilable. Les phosphates sont utilisés comme engrais dans l'agriculture ou bien sont contenus dans les lessives pour le linge et la vaisselle ou bien s'accumulent aussi au fond des lacs. Leur excès dans l'eau du lac entraînait l'apparition de blooms phytoplanctoniques (apparition rapide et massive d'algues microscopiques et filamenteuses). Ces algues en mourant sédimentaient au fond du lac et se décomposaient. Leur décomposition absorbait tout l'oxygène nécessaire entre autres à la survie des espèces de poissons. Ceux ci mouraient et entraînaient à leur tour l'absorption d'oxygène. C'est un cercle vicieux qui aboutit au pourrissement du lac. Il est trop nourri. La chaleur facilite le phénomène. qui apparaît dans bien d'autres lacs ou lagunes comme la lagune de Thau cette année dans le Sud de la France. (cf la malaigue).

Pour le lac Léman, la diminution des taux de phosphate est essentielle à la survie du Lac. Cette molécule a été choisie car c'est un facteur limitant de la croissance des végétaux plus que les nitrates. Depuis 1986, le phosphate est interdit dans les lessives textiles en Suisse. Du côté français un nombre croissant de lessives sans phosphates sont proposées à la vente. Un texte de loi est projeté afin d'interdire le phosphate dans les lessives textiles dès le ler Juillet 2007. La concentration actuelle de 29µg par litre devra atteindre alors une valeur fixée par la Commission internationale pour la protection des eaux du Léman (CIPEL) à 20 µg/l, bien en dessous des valeurs constatées en 1970 (90 µg/l). En attendant, des lessives phosphatées existent toujours à la vente et c'est là que l'éducation à l'environnement a une grande importance pour agir sur le comportement des riverains. De plus, en Suisse, toutes les stations d'épuration retiennent une grande partie des phosphates dans les boues résiduaires. La CIPEL désire encore améliorer ce rendement dans les prochaines années. En outre, le bilan des apports de phosphore montre la contribution importante des pertes qui se produisent dans les réseaux, en particulier par déversement hors des réseaux surchargés. Les réseaux d'assainissement revêtent donc une importance primordiale dans la lutte contre les apports de phosphore.

Un phénomène naturel peut agir pour la diminution des taux de phosphates dans le Lac : le brassage hivernal dû au refroidissement des couches supérieures du lac lors d'hivers très froids. Cela a pour effet d'éliminer la stratification horizontale et d'apporter de l'oxygène au fond du lac. L'importance de ce phénomène est grande quand on sait que c'est aussi le manque d'oxygène qui permet la libération de phosphates enfouis dans les sédiments.
Le lac a eu de la chance car ces deux derniers hivers, il a connu des épisodes de brassage total qui ont annulé la stratification et fourni de l'O2 au fond du lac nécessaire au développement des espèces piscicoles.
En effet l'évolution de la qualité des eaux et des habitats du Léman ont des conséquences sur la structure des communautés piscicoles. Dans les lacs eutrophes (bien riches en substances nutritives), les communautés de poissons sont dominés par les cyprinidés et les percidés, alors que dans les lacs oligotrophes, ce sont les salmonidés qui représentent l'essentiel de la biomasse. Ces espèces sont à forte valeur patrimoniale et halieutique ; elles sont traditionnellement appelées espèces nobles. La concentration de phosphore dans le lac influe donc directement sur la valeur des espèces pêchées !

Les pesticides, une découverte récente !

Jusqu'à l'année 2004, les méthodes d'analyses n'étaient pas assez fines pour détecter certains micropolluants dont des pesticides, ou certains résidus de médicaments. Par contre, les PCBs (polychlorobenzène), les HAP (hydrocarbures aromatiques polycycliques) et les phytosanitaires classiques (atrazine, par exemple) sont suivis depuis longtemps par la CIPEL. Depuis peu, les techniques ont évolué et révèlent dans les eaux du Lac Léman des taux de pesticides nuisibles à la santé des écosystèmes (30 nouveaux détectés) même si leurs effets sont encore largement méconnus.

Confrontée à ce problème, la CIPEL a mis en place un groupe de travail spécifique (parmi les sept autres déjà existants) afin de déterminer l'impact sur l'environnement et l'origine des pesticides nouvellement détectés que les résidus médicamenteux. Cependant suivant les recommandations de l'Europe, les taux détectés ne représenteraient pas de danger à court terme pour l'homme

Ces herbicides agissent à des doses très faibles, de l'ordre du dixième ou centième de µg par litre. Une goutte de produit pur pollue 50000m3 d'eau. De plus , on ne connaît pas bien leurs effets sur l'écosystème lacustre.

La campagne d'analyse 2004 a révélé que les taux les plus importants des deux pesticides les plus concentrés (le Foramsulfuron, un herbicide utilisé pour la culture du Maïs et le Metalaxyl utilisé dans le traitement des semences et pour des cultures spéciales) se trouvaient dans la colonne d'eau entre 50 et 100 m de profondeur, ce qui correspond à la zone d'insertion des eaux du Rhône. IL semblait dès lors évident que ces pesticides étaient amenés principalement par le Rhône.

Pour finir, il est à remarquer que la somme des concentrations en pesticides de l'eau n'atteint pas les 0,50 µg / l toutes substances confondues ce qui est en dessous des normes européennes pour la production d'eau potable (production pour 600 000 habitants). L'objectif de la CIPEL, dans les prochaines années, est d'arriver à avoir une concentration nulle de ces substances toxiques. Il est important d'assurer une veille scientifique pour connaître l'effet de ces substances sur les écosystèmes et sur l'homme. Les recherches dans ce domaine avancent !

 

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