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Ce qui a été fait et reste à faire contre les macro-déchets en bordure de Seine

Entre Rouen et l'estuaire, les méandres de la Seine sont rehaussés de coteaux calcaires. Sur ces cent cinquante kilomètres de boucles, la variété des paysages est remarquable. Ce fleuve à vocation industrielle et marchande, est à la fois sous influence fluviale et maritime. Les zones humides et d'intérêt écologique qui le bordent sont d'une grande richesse pour la faune et la flore. Après plusieurs décennies de réglementation sur l'eau et les rejets, la qualité de ses eaux et son taux d'oxygène, propice à la vie aquatique, se sont améliorés bien qu'il subsiste encore des polluants à combattre.

« Macro-déchets » cette pollution qui souille les berges de la Seine

Pour autant, si ces efforts apportent une amélioration notable, une autre pollution, celle des « macro-déchets », dénature les berges de la Seine.
Objets flottants, plastiques, bois souillés ou déchets toxiques, portés par les flots des marées, ils sont en transit vers le littoral et le large. Nombre d'entre eux sont piégés dans les replis de ses berges, là où le fleuve présente un aspect naturel, là où il n'est pas endigué.
Souvent dissimulés par la végétation, ils sont alors invisibles depuis le fleuve. Seuls des observateurs attentifs, riverains, passagers des bacs et promeneurs, peuvent les découvrir. Parfois ils se présentent en dépôts impressionnants, amoncellements de plusieurs années de déchets ou décharges sauvages. Plus invisibles encore sont ceux qui gisent immergés sur son lit, ferrailles et gravats.

S'attaquer au problème

En 1997, une étude a fait un état de lieux précis de la situation et des moyens à mobiliser. Le constat est alarmant : 9000 tonnes de déchets polluent les berges sur un linéaire total de 58 km, entre Poses et l'estuaire, résultat de plus de 30 ans de rejets. Qui plus est, 800 tonnes d'objets flottants y transitent chaque année, en grande partie piégée par ses berges.
Face à cette situation, il fallait réagir. Les partenaires du Parc Naturel Régional des Boucles de la Seine Normande - la Région Haute-Normandie première à se lancer et rejointe par les départements de Seine-Maritime et de l'Eure - ont décidé de débuter, en 2001, un vaste programme de nettoyage des berges.

Des sites reconquis et restitués à la nature

Aujourd'hui, plusieurs sites sont reconquis et restitués à la nature, après un méthodique et patient travail de nettoyage. À Hénouville, Yville-sur-Seine, Aizier et Quillebeuf sur Seine, dans la Seine-Maritime et dans l'Eure, on peut à nouveau profiter du paysage des berges et des chemins de randonnée.

Cette opération n'est pas un simple « toilettage » ponctuel. Une équipe constituée d'une dizaine personnes y est associée. Grâce à leur travail de terrain, proche de la réalité du fleuve, des solutions de capture des déchets et d'entretien, pragmatiques et adaptées à la Seine, ont été trouvées. Comme le piège installé à Hénouville qui capture les objets flottants et simplifie leur ramassage. Ces solutions sont fondées sur la connaissance de la dynamique de dépôt des déchets, du rythme des marées et l'observation de la topographie des berges.

 

Macrodéchets végétaux en train de brûler

En faire une opération... durable

4 000 tonnes de déchets ont aujourd'hui été récupérés sur les berges de Seine, ce qui représente près de la moitié du tonnage comptabilisé dans l'étude. Pour prolonger cette opération, les partenaires ont souhaité la compléter d'une campagne de sensibilisation. Elle vise à informer le public pour apporter sa contribution à un nécessaire changement de comportement vis-à-vis du fleuve.
Cette communication s'adresse à la population de la région Haute-Normandie, des communes du Parc mais également à celle des régions limitrophes. Car ce problème peu médiatisé de la pollution par les « macro-déchets » implique les riverains du fleuve dans les territoires situés à l'amont comme à l'aval des sites pollués.
N'y aurait-il pas une forme de solidarité amont-aval à susciter ?
Ce programme est unique en Europe à l'échelle d'un fleuve de cette ampleur. Il pourra profiter à d'autres fleuves, dans d'autres pays.
Pour porter tous ses fruits, l'opération doit maintenant se poursuivre. Les partenaires réfléchissent ensemble à pérenniser l'action. Car il reste encore des kilomètres à nettoyer et 5 000 tonnes de déchets de tous types à envoyer vers des filières de valorisation.

Budget de l'opération
2001 - 2006 : 1,9 millions d'euros

Une opération en partenariat

Autour du Parc naturel régional des boucles normandes de la Seine, les collectivités territoriales haut normandes apportent leur soutien financier.
Région de Haute-Normandie, Départements de l'Eure et la Seine-Maritime, fonds européens FEDER
D'autres contribuent à l'opération en apportant leur compétence : Direction régionale de l'environnement de Haute-Normandie, Agence de l'Eau Seine-Normandie, ADEME, Port autonome de Rouen, Cellule antipollution DDE de Seine-Maritime, Cabinet Lerond

Ce qui a été constaté avant l'opération de nettoyage...

Ce qui a été fait...

 

Inventaire peu poétique :

 

 

...et ce qui reste à faire

 

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