Une opération d'environnement et de paysage à poursuivre
Entretien avec...
Jean-Marc Bérépion, directeur du Parc régional
Pourquoi avoir lancé cette opération de nettoyage des berges ?
Au milieu des années 90, tous ceux qui se préoccupent d'environnement ont fait le même constat amer : les bergesde la vallée de Seine sont dénaturées par des « macro-déchets ». Cette situation alarmante pour la Seine, les zones naturelles qui la bordent, mais aussi ses paysages, réclamait une réponse à sa mesure.
Nous avons pris le temps de la réflexion en confiant à Michel Lerond, consultant en environnement en 1997 une étude sur ce problème. Elle cerne parfaitement la spécificité de la Seine, fait un état des lieux précis des espaces pollués et préconise des moyens d'intervention adaptés.
C'est, à notre connaissance, une étude unique en Europe pour un fleuve de cette ampleur.

utilisation des branches de bois mort pour faire du fscinage
Comment cette opération a-t-elle débutée ?
Nous avons ensuite travaillé à réunir toutes les conditions pour mener une action concrète. Les collectivités -Région Haute-Normandie, Conseils généraux de la Seine-Maritime et de l'Eure- ont été séduites par notre démarche et nous ont apporté, avec l'Europe, les financements nécessaires pour engager un programme de cinq années. D'autres partenaires se sont joints à nous
dans cette action collective.
L'opération de nettoyage en elle-même a commencé en 2001 et aujourd'hui, on peut constater le travail considérable accompli. Près de la moitié des déchets identifiés ramassés, 12 hectares de marais nettoyés et rendus à la nature... sans compter ce que l'équipe continue encore à ramasser sur les berges. Ce programme arrive à son terme en 2006.
Que va-t-il se passer après cette date ?
Cette année, de nouveaux enjeux se présentent. Le premier est la sensibilisation des riverains du fleuve, qu'ils soient d'ici où situés à l'amont. C'est essentiel pour un changement de comportement individuel. La prise de conscience de chacun participe à la réduction de ces déchets à leur source. C'est l'esprit de notre campagne d'information.
En deuxième lieu, si nous devons faire connaître les résultats performants de cette opération, nous devons aussi envisager sa poursuite avec l'ensemble des partenaires qui nous soutiennent. Il reste encore des dépôts anciens et, chaque année, 800 tonnes de déchets dérivent entre le barrage de Poses et la mer.À l'occasion de la journée Seine que j'aime, à l'automne prochain, nous ferons se rencontrer des scientifiques et des élus concernés pour un partage d'expérience qui ira au-delà du seul bilan de l'opération.
Nous ne pouvons imaginer que cette opération s'arrête au regard de tous les efforts accomplis et de tout ce qui reste à faire. Notre action est totalement en cohérence avec les politiques développées par la collectivité au bénéfice de l'environnement, du tourisme et du paysage.
La question est posée : peut-on cesser de ramasser les déchets sur les berges de la Seine ?

