Rennes: De la gestion différenciée à « zéro Phyto » à Rennes
Devant l'accroissement spectaculaire de la surface des Espaces verts (EV) à Rennes, les services techniques ont du mettre en place de nouvelles pratiques d'entretien.
La première idée fût, au début des années 80, de traiter ces Evs de façon différenciée. On tolèrera, par exemple, plus d'adventices (mauvaises herbes) pour une parcelle qu'on voulait naturelle que pour une parcelle plus organisée. La biodiversité résultante crût grâce à cette nouvelle gestion tandis que les espaces naturels nécessitaient moins de produits phytosanitaires.
Un premier pas vers le « zéro phyto » était fait .
Cette première avancée au sein de la commune a été poursuivie jusqu'à nos jours. De plus la création d'un groupe de travail « eaux et pesticides » fût mis en place en 1998.
Parmi les actions de ce groupe, on peut citer :
- la sensibilisation de tous les utilisateurs de pesticides non agricoles (particuliers, entreprises horticoles et pépinières) pour de meilleures pratiques contre les adventices
- l'édition de cinq livrets sur le jardinage sans pesticides pour les personnes ayant un jardin
- la rédaction d'une charte « Jardiner au naturel, ça coule de source » à destination des 29 jardineries de l'agglomération. Cette démarche laissa une large place à la concertation et intéressa plusieurs acteurs sociaux-économiques : association de consommateurs et de respect de l'environnement, pouvoirs publiques et enfin des professionnels du jardinage. Les jardineries signent avec les organismes suivants : la Maison de la Consommation et de l'Environnement, Jardiniers de France, Rennes Métropole et le SMPBR, sous l'égide de la DRCCRF de Bretagne
Puis une charte fût signée entre la commune et le Ministère en charge de l'Environnement pour plusieurs thèmes : eau, bruits, déchets, cadre de vie, implication des habitants. C'est dans ce cadre que l'opération « zéro Phyto » fût mise en place dans le quartier de la Touche
En ce qui concerne « le risque pesticides », la commune a mis en place l'arrêt total de l'utilisation des produits phytopharmaceutiques dans un quartier de Rennes (quartier de la Touche et une commune du Bassin versant de la Chèze). C'était le début de l'opération « zéro phyto ».
La réflexion s'est surtout portée sur la mise au point de techniques alternatives au désherbage chimique (comme le désherbage thermique) ainsi qu'une meilleure compréhension de critères sociaux et culturaux tels que la manière dont l'entretien est perçu par les habitants, le niveau d'acceptabilité des mauvaises herbes etc...
Ces critères sont à prendre en compte de manière impérative si l'on veut opérer un changement efficace et durable dans les habitudes.
De nombreuses actions de sensibilisation des différents publics ont donc été mises en place. :Parmi celles-ci, citons:
- la mise en place d'une expo « Zéro Phyto »
- un dépliant sur les richesses naturelles du quartier
- un cahier des bonnes pratiques
- des Week-End d'info sur l'action « Zero Phyto » lors duquel fût proposé le déstockage de produits
- un salon du jardinage
Pour évaluer l'efficacité des actions mises en place, des indicateurs ont été créés aussi bien qualitatifs (ressenti des habitants) que quantitatifs (biodiversité, quantités de produits utilisés, mesures des produits phytosanitaires dans le réseau d'eau pluviales).
L'analyse sur quatre ans de ces indicateurs a permis de se rendre compte :
- de la faisabilité technique
- de la nécessité des équipes municipales de travailler autrement (un plus long temps est consacré au désherbage )
- de l'obligation de penser l'espace différemment : concevoir des espaces verts en pensant à l'entretien ; continuer à adopter une gestion différenciée
- la nécessité d'impliquer les acteurs privés car il sont une source de pesticides que l'on retrouvent dans les eaux de pluie et ensuite dans les rivières
- du caractère indispensable de la communication
- De l'exemplarité de la Ville de Rennes car le projet « Zéro Phyto » a suscité l'intérêt de nombreuses autres communes, de journalistes et groupes de travail.
Pour renforcer encore la réduction des produits phytosanitaires, un plan de désherbage a été mis en place concernant l'ensemble de la Ville (conformément au SAGE). En effet un arrêté préfectoral applicable au 1er Mai 2005 interdit pendant toute l'année l'utilisation d'herbicides à moins d'un mètre de la berge de tout fossé, cours d'eau, bouche d'égout et caniveau.
Cet arrêté régional a été conforté récemment par l'arrêté ministériel du 12 Septembre 2006. Ce texte est maintenant la référence en matière de lutte contre les pesticides.
Le plan de désherbage a pour principal objectif, en réduisant dans toute la commune de Rennes l'usage des pesticides, de protéger la ressource en eau car l'imperméabilisation importante des surfaces rendait dangereux pour les écosystèmes et même pour l'homme, l'application de produits phyto pharmaceutiques.
Le nombre de jardiniers n'évoluant pas, le changement des pratiques d'entretien entraîna donc une modification de l'aspect visuel de certains espaces.
Dans ce plan de désherbage, des actions innovantes ont été et sont réalisées :
- nouvelles techniques de diminution de la production d'adventices : paillage des massifs, plantes couvre-sol, désherbage mécanique ou thermique, brossage
- formation des agents
- mise en place de techniques biologiques comme le paillage autour des plantes de valeur pour éviter la pousse d'adventices

Paillage pour éviter la pousse d'adventices

Paillage avec des aiguilles de pin
Ce plan de désherbage comprend aussi, une charte d'engagement avec les propriétaires fonciers présents sur le territoire de la ville de Rennes qui pourront suivre les prescriptions générales
Gageons que cette expérience réussie sur tout l'espace rennais sera poursuivie et étendue à d'autres villes et communes de France.
Pour plus de renseignements contactez le site internet de la Ville : www.rennes.fr
Pour la Charte du Jardinier : www.mce-info.org/Pesticides/pestcharte.php
Article réalisé grâce aux documents fournis par la Ville de Rennes, établis pour le forum national « Santé et Environnement », 2006
Rédacteur : Olivier Neuckens
oneuckens(@)meretlittoral.com
