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Comportement dans l'environnement et modalités de la contamination des eaux

Les modes d'application de la plupart des pesticides impliquent une dispersion sur la parcelle traitée de quantités faibles allant de quelques grammes à quelques centaines de grammes des substances actives. En fonction des modalités d'usage, une partie des produits appliqués peut être interceptée par le couvert végétal, mais une proportion importante arrive au sol, directement ou après lessivage par la pluie des produits interceptés par le feuillage. Le sol joue ainsi un rôle central dans la régulation du devenir des pesticides suite à la combinaison de phénomènes physico-chimiques de rétention (adsorption-désorption) et biologiques de dégradation (métabolisation par la microflore du sol). Ces phénomènes vont définir la disponibilité des pesticides dans les sols, donc la proportion de pesticide disponible pour exercer une action phytosanitaire (dans le cas de pesticides de traitement des sols) et/ou pour être soumis à des phénomènes de dispersion. Les principaux phénomènes de dispersion, responsables de la contamination d'autres compartiments de l'environnement à partir du sol traité sont : la volatilisation, surtout importante pendant que le pesticide reste à la surface du sol ou du couvert végétal, et les transferts avec l'eau de pluie qui peut entraîner des transferts verticaux de pesticides dans le profil de sol (par la lixiviation et le lessivage) ou des transferts horizontaux à la surface de la parcelle (par le ruissellement et l'érosion).

Roubine en bordure de parcelle

 

Le srivières en bordure de parcelle

collectent une partie des pesticides

 

 

Le transfert horizontal a lieu lors d'épisodes pluvieux

Deux faits importants découlent du paragraphe précédent. Le premier est que la proportion de pesticide transférable, source de contamination, représente une très petite partie du pesticide appliqué (souvent inférieur à 1%), quantité qui dépend de la disponibilité dans le sol, donc de la résultant des phénomènes couplés de rétention et de dégradation. Le second fait est que les transferts, donc les contaminations des eaux de surface et profondes, sont très dépendants de la dynamique de l'eau dans le sol et du régime des précipitations (conditions climatiques difficiles à prévoir).

Ici roubine en état d'eutrophisation

 

Ainsi, le facteur de risque le plus important pour les eaux de surface est le laps de temps entre l'application du pesticide et la première pluie pouvant déclencher le ruissellement.

 

 

De nombreux organismes sont touchés par les pesticides

lors d'effets non intentionnels


Par ailleurs, la contamination effective sera très dépendante des chemins que l'eau emprunte entre la parcelle et le cours d'eau : ces derniers vont, en effet, contrôler les temps de transfert des substances et leur potentialité de dissipation. Dans ce sens, la présence de zones tampons peut favoriser la réduction du ruissellement.


La complexité des phénomènes impliqués dans le devenir et dans la dispersion des pesticides, ainsi que la variabilité spatiale des propriétés des sols et des conditions météorologiques rendent difficiles les prévisions du comportement des pesticides. Cela est tenté à l'aide de modèles mathématiques de simulation permettant de prévoir le devenir global des pesticides, étape préalable pour l'évaluation des risques de contamination et pour la proposition de mesures de gestion de ces risques.

Les rivières en bordure de parcelle sont sujettes à la contamination

 

Les rivières près des parcelles agricoles sont très sujettes

à la contamination par les pesticides

 

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